photo d'une personne soufflant des bougies d'anniversaire

Simuler le vieillissement pour mieux le comprendre

La perte d’autonomie liée est au vieillissement est un problème majeur de notre société. Aujourd’hui, la France compte 1,3 millions de personnes dépendantes. En 2040, près d’un tiers de la population aura plus de 60 ans, contre 22 % aujourd’hui. À cette date alors 2 millions de Français souffriront de perte d’autonomie, soit 9 % des plus de 60 ans, selon les estimations de l’Insee et de la Drees.
De nombreuses solutions existent pour parer à cela : orientation en EHPAD, intervention d’aides à domicile, intervention des aidants familiaux ou des proches de la personne dépendante, … Toutefois malgré les bonnes volontés de chacun d’aider au mieux les personnes dépendantes, peu ont réellement conscience des difficultés rencontrées par ces personnes dépendantes.

Comprendre la personne dépendante est un enjeu primordial

Pensant notre proche en difficulté, nous allons par exemple lui donner à manger, lui servir son repas, l’aider à se déplacer, l’habiller, le laver, etc. Autant d’actions qui aident la personne dépendante mais qui vont aussi augmenter son sentiment de dépendance et augmenter sa perte d’autonomie.

Pour éviter cela, nous essayons de faire prendre conscience à toute personne en contact de personnes dépendantes, des difficultés rencontrées au quotidien mais aussi des capacités de leurs proches. Pour cela, la mise en situation via l’utilisation d’un Simulateur de vieillissement est un outil pédagogique formidable.

L’utilisation d’un simulateur de vieillissement

Via l’utilisation d’un simulateur, il est possible de mettre, par exemple, un soignant à la place d’une personne dépendante et de lui faire vivre son quotidien : prise d’un repas, déplacement dans une chambre, dans un appartement, à l’extérieur, habillage, douche,…. A partir de cette expérience, l’accompagnant aura la possibilité de mieux comprendre ce que vit la personne dépendante et il sera ainsi possible de mettre en place certaines pratiques, certains accessoires, certains matériaux,….qui faciliteront le quotidien de la personne tout en lui permettant de conserver au maximum son autonomie.

Certaines personnes ne comprennent pas pourquoi leurs proches ne jouent plus aux cartes ou à des jeux de société alors qu’ils adoraient cela plus jeune. Ne jouant plus, ils vont souvent rester seuls dans leur chambre ou dans leur appartement, ne vont plus faire travailler leur cerveau, vont voir moins de monde et se déplacer moins.

Grâce à cette simulation, nous mettons la personne valide à la place de la personne dépendante en lui faisant porter des lunettes simulant un glaucome et des gants simulant l’arthrose au niveau des doigts. Le proche va ainsi comprendre qu’une simple partie de carte va devenir une épreuve terrible pour son parent et à partir de là sera lancée une réflexion sur les solutions à apporter (utilisation de carte plus grande, support pour les poser,….) pour améliorer la situation et permettre à la personne dépendante de jouer de nouveau au carte et de conserver son autonomie. L’expertise d’un ergothérapeute peut, à cet égard, être précieuse.

Ces mises en situation par le Simulateur de vieillissement et les réflexions qui en découlent, peuvent porter sur tous les gestes du quotidien et de nombreuses solutions peuvent être trouvées et apportées pour, d’une part améliorer le confort et le quotidien de la personne dépendante mais surtout pour lui permettre de limiter cette perte d’autonomie.

Il faut développer cette prise de conscience pour changer les pratiques (modification de l’organisation des postes de travail,….), de nouveaux matériels peuvent être achetés (assiettes de couleurs, jeux de société plus gros, livres à gros caractères,….) et les locaux modifiés ( interrupteur de couleurs, repère à relief au sol, installation de barre d’appui,….). Autant de solutions qui permettront de lutter le plus longtemps possible contre la perte d’autonomie.

A propos de l’auteur, Benjamin Ganzer

Benjamin Ganzer est Ostéopathe DO-TO, formateur en établissement de santé et intervenant en Ecole d’Ostéopathie. Ses nombreuses années d’expérience en EHPAD mais aussi le contact avec ses patients âgés et dépendants lui ont fait prendre conscience que la personne dépendante regorgeait souvent de motivation et de ressources physiques et mentales pour lutter contre cette perte d’autonomie… Il appartient aux plus valides d’entre nous d’en prendre conscience et de s’adapter.