photos de résidents d'un EHPAD

EHPAD : le rapport fondamental entre liberté et sécurité

Avec le vieillissement de nos ainés, se pose souvent pour la famille et les soignants le problème de la sécurité.

La démence, la fonte musculaire, la diminution de la mobilité articulaire ou les troubles de l’équilibres sont une partie des facteurs, augmentant le risque de chute. La démence quant à elle, pose d’autres problèmes de sécurité. Accidents domestiques, erreurs de traitement ou égarement d’une personne ne pouvant retrouver seul son chemin.

Ces problèmes sont source d’angoisse et demandent souvent aux aidants de mettre leur propre vie de coté pour assurer la sécurité et le confort de leur ainé. Aussi parfois l’installation dans une structure adaptée (EHPAD, PASA , ….) devient inévitable, et peut entrainer un sentiment de culpabilité chez l’aidant.

L’EHPAD, un lieu de vie et un environnement médicalisé

Les Ehpad (Établissements d’Hébergement des Personnes Âgées Dépendantes) sont des lieux de vie adaptés, ayant pour fonction d’apporter sécurité et aide aux personnes âgées en perte d’autonomie ou nécessitant des soins. Sauf placement en unité fermée (pour les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives et enclines à s’échapper), une personne vivant en EHPAD :

  • Reste libre d’entrer et de sortir
  • Peut voir qui elle désire
  • Détient une chambre considérée comme un lieu de vie privée
  • Doit recevoir respect et politesse de la part du personnel

Pour les personnes placées en unité fermée, les 3 derniers points restent d’application. La personne devra quant à elle respecter des règles de vie en communautés et d’organisation. Le personnel, lui, doit tenir compte des habitudes, des désirs, des capacités et du projet de vie de la personne dans son organisation. Mais il doit aussi parfois négocier avec la personne afin qu’elle modifie des habitudes nocives pour elle, et ce afin d’améliorer son autonomie et sa santé.

Quand décider du départ en EHPAD

Pour décider du départ en EHPAD, il faut, avec l’aide d’un professionnel et avec la participation de la personne, peser le pour du contre en listant en deux colonnes : les avantages/bénéfices et désavantages/risques de l’installation en EHPAD et du maintien à domicile. Cet exercice de comparaison doit être fait en tenant compte de l’état actuel de la personne, ainsi que des évolutions physiques et psychologiques supposées de la personne et de l’aidant.

Il faut parvenir à mettre de côté le versant trop affectif et culpabilisant de la chose, toujours en envisageant les autres solutions d’aide existantes (soins à domicile, bracelet d’urgence, …) mais sans minimiser l’impact du maintien à domicile dans la vie de l’aidant.

Pour que tout se passe bien, Le futur résident doit participer, autant que cela est possible, aux décisions et au choix de la structure.

Comment choisir un EHPAD ?

En plus de l’importante question des places disponibles, certains points essentiels sont à prendre en compte dans le choix de la structure.

  • Le lieu : l’idéal serait une structure proche du lieu de vie et de la famille de la personne. Elle pourrait ainsi rester dans une région connue, recevoir la visite d’amis, d’anciens voisin et de sa famille. Quand la famille est éloignée il est indispensable de voir avec la personne si elle préfère se rapprocher de sa famille ou rester dans sa région de cœur. Un éloignement entrainant un isolement social n’apporte rien de bon à la personne âgée.
  • Le prix : un prix élevé n’est pas toujours une garantie de la qualité de la prise en charge. Visitez la structure, parlez avec les résidents et si cela est possible demandez des avis aux familles d’autres résidents.
  • L’alimentation : une cuisine maison de qualité prenant en compte les goûts et spécificité de l’alimentation d’une personne âgée est à rechercher.
  • L’hygiène : des locaux propres et bien entretenus sont la base de l’hygiène. Lors de la visite n’hésitez pas à vous servir de vos sens de la vue et de l’odorat.
  • Le respect de la personne : évitez les structures ou les changes se font à la chaine, porte du WC ouverte aux yeux de tous. Evitez les structures ou les personnes sont tutoyées à tout va. Et écartez les endroits où les personnes se font « gronder » comme des enfants.
  • L’autonomie : regardez les résidents. Si la majorité des résidents sont attachés au fauteuil et si les autres semblent sous l’effet de fortes doses de médicaments, posez des questions… S’il est parfois inévitable de devoir attacher une personne pour sa sécurité et si certains cas, rendent nécessaire l’usage de substances chimiques, cela ne doit certainement pas être une habitude ni une facilité. Il faut savoir qu’il existe beaucoup d’autres méthodes, non médicamenteuses, afin de gérer les errances et troubles du comportement chez la personne démente. Mais cela demande du temps et des compétences.

Soyez par ailleurs attentifs :

  • L’animation : assurer vous de la présence d’un animateur et de la qualité de son travail. Les animations doivent vraiment faire participer chaque résident en fonction ses capacités et de ses goûts. Les réalisations doivent inclure une majorité de résidents.
  • Personnellement je ne trouve pas que les jeux, même s’ils ont à la base été conçus pour des enfants, parfois très jeunes, soient infantilisant. Au contraire, j’estime qu’ils peuvent apporter distraction et occupation, et donc apaisement à des personnes aux capacités plus ou moins réduites.
  • Prenez aussi en compte l’ouverture de la structure sur la vie locale.
  • Prenez connaissance du projet d’établissement ainsi que du règlement intérieur, et
    comparez-le avec ce que vous voyez lors de la visite et avec, ce que la personne à placer et
    vous attendez.
  • Visitez la structure avec le futur résident, et si c’est possible proposez-lui d’y passer une ou
    plusieurs journées en accueil de jour ou en hébergement temporaire avant de finaliser le choix. Passez au moins quelques heures d’observation sur place ensemble. Pour obtenir le maximum d’informations lors de vos visites, parcourez notre guide pratique sur ce qu’il faut savoir pour la visite d’un EHPAD.

Un départ en EHPAD forcé n’apporte rien de bon. Il faut impliquer la personne dans le choix de son lieu de vie. Le placement en unité fermée est lui synonyme de privation d’une partie de liberté. il nécessite donc une prescription médicale (ou juridique) comme toutes les autres contentions. Il ne peut se décider que dans le cadre de la protection de la personne (ou des autres). Car nul ne peut être arbitrairement privé de sa liberté. Et cela ne prive pas la personne de son droit au respect.

Assurez vous que l’établissement offre une aire de déambulation suffisante et un accès extérieur (jardin) accessible à tous les résidents.

Le départ en EHPAD s’impose pour les personnes démentes ou celles en perte importante d’autonomie. La vie actuelle permet rarement aux aidants une prise en charge de qualité de leurs ainés, sans épuisement ou mise en jeu de leur situation familiale et sociale.

En savoir plus sur l’auteure

Seryma Maryse Georges est une infirmière graduée qui exerce comme IDE dans un petite EHPAD privé appartenant à un groupe de 4 EHPAD.